Galerie Reg’arts Confrontations, mai 2009

Reg'Art-Confrontations, le retour de Jane

Jane Planson est une jeune artiste dont la vision renouvelle l'approche picturale du portrait. La condition humaine, qu'elle aborde jusqu'en ses doutes ultimes, s'affirme comme le sujet d'une quête existentielle inépuisable. Choisissant l'angle du dépouillement, elle traque la solitude, et le mystère des âmes. Un regard interrogateur sur le sens de la vie et l'énigme du destin.

Travaillant sur les interstices, les décalages qui. très souvent, se créent entre les êtres, notamment entre l'homme et la femme. Jane Planson n'est pas de ces artistes qui cherchent à séduire à tout prix. La vision du monde qu'elle propose apparaît d'une certaine âpreté car elle remet en cause le rôle que chacun de nous est amené à tenir, par convention ou par échec le plus souvent. Scrutant les profondeurs de l'être et la solitude intrinsèque de l'homme, elle peut quelquefois susciter le malaise, mais sans complaisance ambiguë. Sensible à la souffrance et au doute que chacun affronte, elle a choisi l'association de l'huile et de la cire sur toile pour exprimer ce qu'elle perçoit. «Croyant faire une bonne chose, un peintre me peignit un jour, dit une chanson de l'Argentin Atahualpa Yupanqui. Mais il me peignit de l'extérieur, car ses yeux ne voyaient pas en moi». Dans son travail de portraitiste, Jane Planson semble bien taire tout le contraire. Allant au-delà des apparences, elle scrute la face cachée des êtres, non par voyeurisme, mais pour en exprimer la bouleversante humanité.

Les typologies qu'elle aborde reflètent l'extrême diversité des êtres et les questions qui les animent : Masculin ; Gery, Lille ; Samuel Barber agnus Dei ; Résilience, Alger ; Féminin ; Le chien de Lucien... Ses sujets, comme on peut le voir, sont souvent associés a un lieu, a une ville, sans qu'il y ait nécessité d'en reconnaître ou retracer le paysage. C'est au théâtre intime que Jane Planson s'intéresse, en climatologue de l'être. Parfois, le titre devient purement métaphorique : Persister ; Tendre (Crâne) ; Renversé ; Le renoncement du roseau ; Déconnections ; In out. C'est à l'aspect psychologique et aux questions les plus profondes que le peintre s'intéresse, d'où son absence de complaisance. D'une étonnante maturité, la peinture de cette jeune femme semble inspirée par plusieurs vies, comme si elle-même était passée par tous les stades dont elle rend compte avec une empathie, une compassion certaines. L'extrême complexité des relations entre les êtres semble être l'excitant de cette quête jamais achevée. Sur le plan expressif, Jane Planson tire un parti intéressant du vide, lui donnant souvent un aspect nébuleux, irréel, comme si chaque personnage était livré à ses seuls doutes. Elle n'hésite pas, à cette fin, à utiliser la toile brute.

Luis Porquet, critique d'art
Les Affiches de Normandie, mai 2009

Par Didier Séraffin

(…) Il y a dans les toiles de Jane Planson un réveille-matin qui a appris le langage des sourds-muets ! un arbre qui se déplante et s’en va, une armée qui se transforme en grains de sable d’une vaste plage blanche, la mort qui s’égorge elle-même et une statue prenant dans ses bras une autre statue… Il y a bien d’autres choses dans les toiles de Jane Planson, car ces choses sont des rêves et nous les voyons dans les yeux de ces hommes et femmes, adolescents ou enfants qu’elle peint et fait vivre sous toutes les latitudes et heures de la journée. Cependant, et c’est le tour de force de cette artiste, rien pour nous distraire de l’essentiel, cette fusion entre le modèle et son peintre puis cette fission et filiation multiple entre le portrait et ses divers interlocuteurs et regardeurs que nous sommes. Pas de marqueurs contextuels ou historiques, pas de vêtements ou d’habits qui nous permettraient de situer géographiquement, socialement, chronologiquement ou simplement psychologiquement ses personnages. En cela ils me font penser au petit mendiant de Murillo qui pourrait tout aussi bien être un enfant famélique de Calcutta ou Bombay, oui, un mendiant d’aujourd’hui, de Battambang ou Djakarta, un gamin d’une bande de Mexico ou bien Bogotà ou Caracas alors que pour les biographes et historiens de l’art, il reste un pauvre dans l’Espagne du seizième siècle ; siècle d’or s’il en est. Quelle morale tirer de ce regard : que les haillons sont de toutes les époques !

Pas d’objets dans les toiles de Jane Planson, pas d’ustensiles, pas de broderies où l’œil pourrait s’abîmer, pas de draperies ou l’œil pourrait déraper, pas de ciel autre que la pensée où l’œil pourrait se perdre. Jane Planson remédie aux modes, elle dématérialise le temps et l’espace et les rematérialise – pour ne pas dire ressuscite – sur la toile, sur le lieu de la toile alors devenu confident, référent et résurgence, comme une grande gifle arrêtée où se trouveraient abolis les genres et les frontières.

Alberto Giacometti exprime par les lignes l’homme perdu en lui-même et dans le monde. Jane Planson explore la porosité de l’âme humaine et fait apparaître la superficialité explosive-explosée de l’apparence pour que surgissent soudain la germination et le grain du visage. Parfois c’est la passivité qui s’expose, l’attente, le silence, la solitude ; l’homme plongé dans la surprise d’exister, d’exister sans assurances et sans ailleurs, là, présent jusqu’à percer le prurit de l’innocence. Jane Planson nous apprend à tremper notre regard dans la corrosion et la connaissance. Parfois c’est l’extrême complicité avec la connivence et la conscience pure qui s’imposent. Le regard de l’art pour lutter contre l’humiliation, le retranchement de l’homme seul contre la meute pour rétablir une socialisation ayant enfin supprimé la violence ; l’utopie à de rares moments est bonne conseillère, à condition de n’être jamais mise en œuvre. Le tableau équilibre ce dilemme en offrant la distance et la réflexion, confondant les antagonismes dans une guerre devenue impossible.

Ce sentiment inexprimable d’être seul, vide au fond de soi, sans regard ; le tableau, lui, peut combler un peu cette ornière qui se traîne parfois en nous. Il peut résoudre l’équation de notre déliquescence, accréditer un déficit tout en l’apurant par une espèce de douce, lente, agréable et fausse escroquerie, celle qui consiste à surseoir à tout désir et à accepter l’instant, plein et silencieusement tonitruant.

Jane Planson ôte les masques de ses personnages, elle traque la vérité sans le chichi des parures, sans le flonflon des objets, sans le mirage des miroirs, sans le chiqué des clichés, sans l’alibi obscur du bonheur. Rien que l’os habillé d’instants, le regard curé jusqu’au point de fusion.

Ce qui relie les humains, cette part d’inconnu et d’étonnement que nous ne savons nommer, c’est ce que nous sentons, peut-être confusément mais avec intensité lorsque nous regardons une toile de Jane Planson. Nous ressentons comme une certitude nous envahir et nous convaincre que nous devons ancrer notre vision dans ce seul sentiment, celui qui jusqu’alors nous faisait défaut. Cette musique qui s’élève et nous pénètre, chasse nos peurs et fortifie une confiance et un espoir. Confiance et espoir en quoi me direz-vous ? Eh bien justement, confiance et espoir dans ce que nous pouvons devenir, meilleurs, plus grands. En un mot, accueillant, accueillant au monde et dans quelques êtres que la route jettera dans nos bras, dans nos jambes, dans notre cœur. Et ce n’est pas galvauder quiconque ou quoi que ce soit que d’écrire et dire cela. C’est simplement prendre du galon au grand air d’une sincérité trouvée ou retrouvée. Les toiles de Jane Planson sont des catharsis restées un peu cathares ! Le fond des dernières productions de Jane Planson est aussi le corps invisible des visages, comme une pluie remontant, comme une plainte jetée à pleines mains, à pleines brassées. C’est le portrait en lui-même qui se met à aimer l’alentour ! quelques peintres sont intemporels, Jane Planson est de ceux-ci qui ne nous expliquent nullement le monde mais nous le font vivre ; une seconde fois, par la force du trait, par la douceur du trait, par l’émerveillement d’un seul regard commun à deux visages.

Se planter devant les toiles de Jane Planson, c’est être face à un feu sans flammes. Seule la chaleur vous envahit, vous enveloppe. Sentir se dissoudre la blancheur de la lumière pour voir flamboyer les couleurs sourdes et rougeoyer lointainement les déclinaisons de la vie attentive à sa propre intensité. Regardant ce travail, nous ne trouvons aucun lieu, au contraire, il y a implication, condamnation, et peine. Toute une vie désormais à méditer, à s’abîmer dans le doux maelström d’un iris. Et reconnaître, reconnaître nos insuffisances, nos faiblesses, notre condition d’éphémères fleurettistes de la décision et du regret. Tout mêlé. Et de même rebondir sur le regard qui à son tour vous dévisage, vous interroge jusqu’au tréfonds de votre tremblement, celui qui détermine, trace et creuse les grandes lignes de votre existence. C’est ça, sentir se diffracter la blancheur de la lumière pour remuer les braises de l’abandon et faire revivre, à travers cet échange entre le tableau et le regardeur, cette vieille ivresse de la résignation et de l’espoir choquant leurs verres.

Regarder un tableau, c’est faire un inventaire, l’inventaire de quoi, de la solitude ? De l’absence ? Du couple ? Ou bien de l’invention de soi à travers l’autre ? Cette altérité qui est à la fois la boue qui colle à nos pieds et l’horizon qui motive et désespère.

En contrepoint des visages, les parties de corps, torses observés de dos que peint Jane Planson expriment comme une nostalgie lourde de signification et d’orientation. Nous errons ainsi dans notre être, sans tête, sans bras ou jambes, démembrés à jamais, victimes d’un bombardement, d’un abandon, d’une solitude irrémédiable. Chacun, tous, enfermés dans son corps, prisonniers d’une prise de judo que nous nous faisons à nous-mêmes. La souffrance et la puissance ainsi inextricablement mêlés, morceaux épars en quête d’une légitimité d’ange fantasmé, ailes découpées dans de petits morceaux de papier, ailes greffées au bœuf écorché. Nous sommes donc les bouchers de nos propres rêves, les avorteurs d’une réalité moins aléatoire que nos perceptions, ou plus grande que nos allées et venues dans la banalité de notre horreur. Vus de dos, nous sommes peut-être invincibles, nous sommes plutôt piteusement des dieux à deux sous, nous sommes osseux d’une espèce d’isolement, perdus dans un brouillard d’omoplates, dans des vapeurs de vertèbres. Ces « papiers » ne sont pas la face cachée des visages des autres toiles ou des vieilles lunes habituelles et rabâchées. Ils sont l’empilement de jours frustres, pages d’un agenda que chaque jour nous déchirons…

L’efficacité d’un tableau se mesure parfois. Les toiles de Jane Planson sont efficaces en ce sens où elles procurent trouble et bonheur ; le bonheur est esthétique, le trouble est métaphysique, donc par essence inexplicable mais absolument éprouvé et vérifié dans cette façon que nous avons d’adhérer à son travail, avec empressement et retenue, une réserve qui n’est pas une réticence mais une sorte de respect dû aux sujets engageant notre humanité, notre reflet soudainement à l’œuvre, d’où le trouble évoqué plus haut, trouble macérant dans cette réciprocité. Sans être aucunement religieux, il y a quelque chose de très ancien qui traîne dans les tableaux de Jane Planson. Cette force à peine esquissée dans laquelle se concentrent dans un même mouvement d’immanente « territorialité » à la fois la joie de la découverte et le bon et doux effroi de l’inconnu. Voir une toile de cette artiste, c’est faire l’expérience du contraire d’un « expatriement », c’est faire, oui, l’expérience d’une appropriation lente, d’un retour au pays. Nous revenons d’un exil et retrouvons dans ces visages, des traits, des expressions – sortes de vieux souvenirs distillés comme des alcools – qui nous appellent et nous remémorent que nous appartenons à une même famille, à une même terre, à un même océan ou univers à la surface duquel flotte un bercement où nous nous laissons aller.

Les visages que peint Jane Planson nous regardent, nous assignent une tâche, demandent une participation, ils réclament sans imploration, sans apitoiement, avec dignité qu’à notre tour nous soutenions ce regard et rendions comme nous le ferions à tout être vivant cette part de vie et d’attention qui rôde dans tout échange, cette impalpable impression de créer un lien, de tisser un ténu réseau de retours et réceptions, renvois et signes. Il se passe quelque chose, un champ de connexions s’ouvre, des vibrations passent, s’installent, résident dans notre esprit et irradient chez nous une fraction d’inconscient, réveillent des sensations enfouies, des rêves oubliés, des désirs oblitérés. Nous boxons avec l’obligation de ne pas « toucher », de ne pas faire mal, d’allonger le geste et le regard et de ne pas résister, d’entrer dans les cordes, se caler, sentir nos chairs saisies par une sorte de complicité diffuse et explosive. Dans chaque pore de notre peau le tableau parle et se réfugie, se compare mais ne se complait jamais. Le respect mutuel est la perpétuelle actualité de qui aime contempler une toile et tendre la main pour saisir l’invisible volonté de détruire les distances et de palper comme la perle d’un silence alors presque parfait.

Nous regardons certains tableaux comme il arrive que nous voyions dans les mers ou océans, masse sombre, se découper sur le bleu de la surface quelque navire coulé, englouti dans les profondeurs. Nous sommes ces choses naufragées apparaissant, réapparaissant parfois dans les visages des toiles et dessins, et voir dans ceux-ci comme les épaves de nos vieilles dérives orgueilleuses, flottant au gré d’une imagination légère, fluctuante, mais pour tout dire, libre.

Chaque tableau fournit à l’observateur un jardin secret. Un îlot de solitude à deux se crée, se fortifie, s’entretient, se renforce et s’affirme dans un respect constitué d’instants sacrilèges et magiques.

Il y a cette distance à détruire et le temps à reconstruire. Pas de temple, non, juste un mur, un renfoncement de brique, une alcôve, une petite pièce où accrocher un tableau, peut-être un tableau de Jane Planson. Alors se produit un phénomène étrange, le personnage sur la toile semble vous appeler, vous convaincre de bafouer l’hésitation et la peur les plus compréhensibles, et d’un peu vous approcher. Vous entendrez comme un bourdonnement, comme lorsque l’air s’épaissit, un écho lointain vous racontera une histoire, des gens, un territoire autre, un fait divers de votre vie d’autrefois. La distance prendra feu, le temps se remettra à battre comme un cœur. Ceci est expérimentable en diable ! Ce que je puis espérer, c’est que se renouvelle, pour vous, cette étrangeté de la rencontre, de la mise en présence de deux être partageant un esprit commun. Les corps se divisent, les esprits s’additionnent. Vous vous assurerez ainsi de millénaires traversés et d’espaces contraints à rétrécir, à se resserrer, à s’aimer simplement. Il y a comme une sincérité d’amour à regarder un tableau, à se laisser aller à l’acceptation et à la contemplation. Sans astreintes, sans contraintes, sans rebords, le monde enfin livré à une ivresse d’univers retrouvé, à une volonté débordant de partout et proposant une sorte de pacte secret grâce au quintette de cette main appliqué sur la paroi de la caverne et traversant les siècles pour sceller un accord, faire signe, léguer une paix et prolonger la suspension du temps et l’aspiration à une reconnaissance qui ne soit pas construite mais comprise et pesante d’une douceur enfin reçue. Cette main posée sur la roche, cette main qui dessine, peint, apprend et s’éprend d’une forme à mettre au monde et faire grandir et régner. Imaginez un gué dont chaque pierre serait un cœur à vif, pierres sur lesquelles il vous faudrait poser le pied et marcher, et avancer. Comme marcher sur le bord d’un à-pic. Peindre relève un peu de cette expérience, pas même vaguement mystique, plonger au cœur de la matière et des êtres.

Tout au long de ces lignes, de ces pages, je cherchais un mot. Je crois l’avoir trouvé, incarnation. Les dernières œuvres de Jane Planson sont des incarnations. Elles nous mettent en rapport avec le mystère d’être. L’existence n’est pas un exercice, Jane Planson témoigne de cela, apporte la preuve que la vie n’est pas une représentation mais un mouvement. Et c’est cette volonté qu’elle nous offre généreusement, sans étalage, sans compromis, sans complaisances. Elle nous fait participer à l’emprise du regard se métamorphosant, dans une seconde chance, en pulsion de reconnaissance envers la présence au monde. La pitié est absence de ces toiles. Elles excitent et aiguisent l’acuité nécessaire pour engendrer une relation égale dans laquelle tous les particularismes se complètent, se confrontent et s’opposent uniquement dans une sorte de duel à distance, doux, sensuel et respectueux. Regarder un tableau requiert une franche querelle et une obstination à ne pas tomber dans l’ornière des bons sentiments et des images mentales déjà prêtes à l’emploi. Il est utile de mettre du neuf et quelques étincelles dans l’acte d’observer, d’aller porter nos rétines chez le rémouleur ! Contempler vient ensuite, à la manière d’une récompense où l’on ne se reposerait pas mais où commencerait à se bâtir une maison de l’accomplissement et du temps aboli. Chacun des portraits n’est cependant pas une scène de crime mais comme un cri silencieusement abrasif pour l’âme et l’esprit. Jane Planson fait perdurer ce sentiment de besoin, de répétition, ce désir d’accéder à une absolue contrainte, celle d’atteindre dans le dessin et la peinture au bris du miroir afin, peut-être paradoxalement mais sûrement avec un enjeu vital, de rencontrer l’autre et ne plus l’utiliser ou le fractionner, avant de le fracasser comme un simple jouet. Pour conclure provisoirement, puisque l’œuvre est jeune, en cours et en évolution, je dirais que nous pouvons puiser sans retenue dans les toiles de Jane Planson. Nous y trouverons toujours de quoi abreuver notre besoin d’éloignement, de rapprochement, d’histoires millénaires et de liens. Ces tableaux sont les soubassements de notre combat contre l’effacement ou la disparition. Jane Planson dessille nos yeux de nos puérilités illusoires, elle a su déjà accélérer notre vie, elle saura opérer notre attente et faire tomber à terre notre cécité.

Didier Séraffin, écrivain
(extrait 2007)

Galerie Reg’arts Confrontations, du 30 août au 24 septembre 2005

Jane Planson, artiste humaniste par excellence aime les « rencontres –confrontations ». ce fut le cas voici quelques mois grâce à l’agglomération de Rouen sur les très improvisées cimaises de l’église darnétalaise Saint-Ouen de Longpaon, où elle se mesurait avec brio à l’univers de Catherine Hélie.
Souffle poétique
En cette rentrée, Daniel Amourette lui propose une nouvelle aventure en compagnie des toiles […] de Debra. La technique très particulière de Jane Planson se met au service d’une « description » étrange, portée jusqu’à l’hallucination, de notre monde de misère et d’horreur ». l’ombre de Goya, voire de Jacques Callot passe en effet dans un souffle poétique quasi surnaturel dans cette production désenchantée. L’homme étant ce qu’il est, sous toutes les latitudes, les guerres et leurs inévitables cortèges d’ignominies résonnent cruellement au quotidien dans nos mémoires. L’artiste n’accepte pas cette banalisation. Elle s’insurge, dénonce, accuse avec ses « mots ». Toutes les ségrégations lui sont insupportables. Mais, si Jane Planson ne peint pas pour ne rien dire, elle use avec ténacité d’un vocabulaire plastique aussi riche que surprenant comme en témoigne une superbe suite de croquis de nus griffés en atelier. Beau travail. […]

Rémi Parment
Paris Normandie, 20 09 2005.

Galerie Reg'arts confrontations.

[ …] Bien qu’elle ait montré son travail en de multiples occasions, elle parvient à nous présenter un certain nombre d’œuvres récentes. Elle occupe tout le rez- de chaussée de la galerie.
Après sa prestation de Darnétal et son exposition à la Crypte de la communauté religieuse de Saint-Aubin-les Elbeuf, on aurait pu penser que Jane Planson allait se mettre un peu en retrait. Mais c’était ignorer sa capacité de travail. De fait, la galerie Reg’Art confrontations nous révèle un certain nombre d’œuvres récentes qui ne font que conforter nos appréciations précédentes. Jane Planson est sans aucun doute promise à un bel avenir artistique pour peu que les collectionneurs lui consacrent un peu d’attention. Empoignant ses sujets à bras-le-corps, elle parvient à leur extirper une présence parfois inquiétante. Nus, portraits, dialogues entre différents personnages révèlent leur part secrète d’humanité sans toutefois lever le voile. Confronté à l’adversité ou traversant une trêve, chacun de ces êtres pourrait faire sienne la formule qui accompagne le fascinant portrait de Georges Sand : « tout se concentre en moi comme dans une eau immobile » ; les « acteurs » de ce drame cosmique se retrouvent face à leur destin, grandis par leur dénuement même. On dirait des apparitions traversant l’espace de la toile qui, ça et là, laisse voir sa rugueuse contexture.
Par un emploi subtile et maîtrisé de la cire, cette peinture sans épaisseur et quelque peu évanescente parvient à nous donner l’illusion d’une scène vécue, d’un instant figé dans la trame exaltée des évènements de la planète. L’intimité du corps rejoint toute la douleur du onde et en évoque l’absurdité. Effacés par l’épreuve, ces êtres méditent en silence. Les évènements qu’ils affrontent les renvoient tous à leur anonymat originel, à la poussière et au magma. « Etre, c’est être coincé » a écrit E.M Coran (Ecartèlement ; Gallimard Editeur). Coincé entre passé et avenir, fac à un présent vacillant et démesuré, terriblement aveugle à la dignité de la vie. Cheminant à la dérobée, Jane Planson réinvestit la chair frémissante du monde là où d’autres ne vient qu’une succession d’images privées de sens. […]

Luis Porquet.
Les Affiches de Normandie septembre 2005

Exposition "Rencontres des lieux, des artistes" à l'église Saint-Ouen de Longpaon à Darnétal.

[...] Pour Jane Planson, que défend Daniel Amourette, la vision de l'humanité n'apparaît guère plus lénifiante. Sa peinture nous ramène au plus intime de la souffrance, de la solitude sans appel dont pâtissent des millions de gens minés par le vice lucratif de la guerre. Pas de décor ou presque, mais l'omniprésence des visages que l'immense vide environnant rend douloureusement expressifs. Reflets purs d'une actualité que les médias digèrent avec un cynisme effarant ou un ersatz de bonne conscience. Allusion à une tragédie qui n'a pas pour scène un théâtre mais une avenue ouverte aux offensives de la mitraille. Irak, Rwanda, Israël, rêve et cauchemar palestinien... mais aussi visions plus paisibles d'êtres proches ou voisins. Qu'importe ! La chair nue est partout la même, révélant l'homme livré au temps, à ses morsures, qu'il s'agisse d'autoportraits ou de scènes extérieures. Un artiste ne fait jamais qu'exprimer ce qu'il porte en lui. Sa souffrance devient rédemptrice quand elle nous ouvre à celle des autres. Tout homme blessé est notre frère, tout rêve piétiné accroît la douleur commune du monde. Econome de moyens, mais d'une puissance troublante, voire bouleversante, la peinture de Jane Planson se révèle d'une éclatante salubrité. Face à tous ceux dont le talent ne fait que flatter le nombril, elle redonne à l'acte pictural toute sa légitimité. L'art n'est mort que pour ceux qui n'ont jamais rien eu à dire.

Luis Porquet,
Les Affiches Normandes du 24/11/04

L'horreur de la guerre
Cette [Jane Planson] intellectuelle - au meilleur sens du terme - a toujours eu le courage de peindre notre temps. Non pas celui fleurs bleues des vaches repues à la mode européenne. Mais celui des populations plongées dans le marasme de la misère, la guerre, la mort. Elle témoigne en son âme et conscience de l'horreur de la guerre, comme un Goya ou un Jacques Callot. Artiste, Jane Planson témoigne à sa manière, elle ne souhaite pas expier ni monter sur le bûcher. Elle peint pour que l'on n'oublie pas. Il est vrai que les infos distillent au quotidien leurs lots de malheurs prédigérés. Trop, c'est trop, et le trop-plein finit par se faire abstrait. On ne mesure plus à l'aune de la douleur, on digère la statistique. C'est là où l'artiste cimente sa vérité. Une toile, c'est un cri, un de plus, mais insoutenable dans sa nudité absolue.

Ecorchée vive
Jane Planson, écorchée vive, possède une technique qui ne laisse rien au hasard. Cette écriture là émeut sans doute plus que bien des discours. Car elle possède la puissance de la suggestion, plus que de la démonstration. Son art qui vibre face aux vitraux de Saint-Ouen de Longpaon [...]

Rémi Parment,
Paris Normandie du 02/11/04

Lui, c'est Samuel, elle, c'est Nora, l'un est Mauritanien, l'autre Rwandais, l'autre encore Irakien. Jane Planson exprime avec talent la souffrance à travers la peinture de visages. Une souffrance indescriptible, tellement forte qu'elle touche le regard du visiteur. cette artiste hors du commun peint avec sang froid l'horreur de l'existence. "J'ai fait un voyage il a dix ans en Israël en plein coeur du conflit Israélo-palestinien, explique l'artiste. Mon regard a alors été transformé. Ce clivage entre les deux religions m'intéressait et je l'ai peint. Et à chaque fois, le scénario est le même. Lors de premier jet, le contour des visages est net et les couleurs sont fortes. Une fois d'ailleurs, j'ai représenté le conflit rwandais avec mon propre sang. Puis finalement une fois terminé, j'ai besoin de marquer une distance entre mon tableau et celui qui le regarde. Alors un long travail s'opère. Je reprends mes tableaux en atténuant, modifiant, brouillant les couleurs et notamment avec de la cire."
C'est avec beaucoup de difficultés que Jane Planson décrit son travail. "Je ne parviens pas à comprendre ce que je veux exprimer. Je montre quelque chose qui est de l'ordre de l'interrogation", explique cette enseignante rouennaise, agrégée d'art plastique. Avec beauté et douceur, l'artiste soulève une à une les questions essentielles de l'existence ; chaque spectateur est ensuite libre d'y apporter ses réponses. Jane Planson est profondément pessimiste et ses tableaux sont empreints de tristesse. Elle retrace l'horreur de l'existence tout en tentant de diluer la souffrance. Et c'est finalement la douleur de l'artiste qui perce et se révèle. "Je ne crois pas au progrès humain, car pour moi, l'homme n'est pas capable de prendre la mesure de sa mémoire. Avec la peinture, j'ai surtout trouvé le moyen d'exprimer un trop plein que j'absorbe et que je rejette". Le résultat est impressionnant. A travers une trentaine de toiles présentées, Jane Planson est en accord avec la thématique fixée par l'Agglo de Rouen "Symbolisme et onirisme". Cette artiste a la capacité de faire rentrer un conflit, une guerre froide, au chaud dans une galerie pour le plus grand plaisir des yeux.

Liberté Dimanche (31/10/04)

[...] Intellectuelle, passionnée par l'écriture, le mot, le texte, Jane Planson engagée dans la tourmente, notre pain quotidien, accompagne les hommes, les femmes plongées dans l'oeil du cyclone...politique. Irakiens, Algériens, Africains du Rwanda...
Elle dénonce en une feinte demi-teinte toutes les souffrances, les misères, les intolérances. Elle prend fait et cause pour les parias de la terre contre les vainqueurs va-t-en guerre. Son épée, c'est le pinceau avec lequel elle pourfend toutes les sagesses et les idées trop bien recues.
Un art original, s'appuyant sur l'ellipse, le non-dit...pour mieux dénoncer les vilenies de ce bas monde. Une goutte d'eau dans l'océan d'immondices que charrie notre histoire, mais une vérité courageuse à dire. D'autant que picturalement l'artiste domine son discours avec brio.[...]

[English Version]
[...] Intellectual, with a passion for writing, words and literature, Jane Planson swept by the tormenting flow of life, our daily grind, joins the men and women blown into the cyclone's eye of politics : Irakians, Algerians, Africans from Rwanda...

She denounces with a faked softness, ail the suffering, the misery and the intolerance. She takes sides with the pariahs of the world against the warmongers and the conquerors. Her sword is the brush, which she uses to break conventional wisdom and prevailing preconceived ideas.

An original art, based on the elliptic connotations, the omission... to better denounce the meanness present on this earth. A drop of water in the ocean of trash conveyed by our history, but a courageous truth to bring up. All the more, since the artist masters her pictorial technique with success! [...]

Rémi Parment
juin 2003 - Paris-Normandie

Me voici confronté à une situation peu courante dans le métier : l'artiste à qui je consacre ce bref exposé a pratiqué la critique en arts plastiques, théâtre, photographie, danse, pour nombre de revues rouennaises, dont une "Avant Seine" où je sévis quelques temps !

Bienvenue donc, et amitié confraternelle à Jane PLANSON dont le bagage artistique et le palmarès ont de quoi faire pâlir et réfléchir certains artistes bien en cours auprès des amateurs.

Le C.I.N., sous l'égide de Joseph LE MEUR et de Claude HOUQUES, l'accueillit avec succès à l'Hôtel du Bourgtheroulde, à Rouen, et au gré d'expositions à la Grand'Mare, à Sotteville les Rouen ou au Grand Quevilly, où de nombreux visiteurs ont eu l'opportunité de remarquer sa manière approfondie de concevoir le portrait, grâce à sa belle technique qui saisit l'esprit au fil d'une manière singulière et attachante qui honore l'art contemporain et offre au figuratif une pérennité conviviale et pleine de repères et de leçons.

Jane PLANSON peut écrire sur la peinture d'autrui car son talent et son intelligence s'accordent en liberté dans une discipline délaissée par les médiocres et dont elle active avec brio la confrontation.

André Ruellan
Critique d'Art

Jane Planson est de ces peintres qui (re)viennent de l'art contemporain - brut, abstrait ou conceptuel - pour aller vers la figure. La figure humaine est en effet peut-être la forme d'expression artistique la plus durable chez l'homme. Regarder l'humain représenté sur une toile n'est-il pas finalement depuis toujours l'un des sujets favoris du spectateur ? Cet humain représenté, figuré, interprété, est comme un miroir, qui interroge sur notre propre existence - sur nos sentiments, nos idées, nos valeurs et nos croyances. Voir l'humain - l'autre ou soi-même - représenté sur une toile est une expérience initiatique, qui nous transforme et nous enrichit.

Jane Planson montre, peint, restitue les interrogations intimes de l'être humain. Elle questionne nos relations avec la mort, avec la vie, avec autrui, avec le monde, avec le temps, avec l'espace. Les personnages de Jane Planson se perdent, se cherchent, se fuient, se jaugent, se font face ou se tournent le dos, cohabitent dans le même espace malgré leurs différences, affrontent l'altérité - sexuelle, ethnique ou temporelle. Se confrontent dans l'univers du peintre l'universalité d'espèce et l'irréductible individualité des hommes. Tous pareils. et pourtant tous différents ! Pour paraphraser l'exposition de l'artiste à la Grande Arche de la Défense en 1999.

Aucune notice d'emploi, aucune clef de décodage ne sont nécessaires pour recevoir l'oeuvre de Jane Planson. Son oeuvre est directe, visible, accessible à tous. Elle n'est pas élitiste - au mauvais sens du terme - mais démocratique, universelle. Libre à chacun, s'il prend le temps de regarder et méditer, d'y retrouver et explorer ses propres interrogations.

[English Version]
Jane Planson is born in 1966 in Saint Germain en Laye. She follows a curriculum in "Arts Plastiques" at the University of Rennes and later at the University Saint Charles in Paris. She arrived in Rouen in 1990 ; works as redaction secretary to the magazine Artension, and later in Paris as an assistant to the chief editor of La recherche Photographique. Back in Rouen, she organizes differents cycles of conferences, for example on Bernard Mandeville, and writes articles for different magazines in Rouen, like Avant-Seine, L'Essentiel, ou L'affiche Culturelle de Haute Normandie ; prefaces for catalogues and she signs a large number of the magazine Pictogramme for the Art Gallery Daniel Duchose. Jane Planson produced aiso interviews with artists.

In the early 90's, she first explores the domain of Art Brut, and since 1998 has come around to figurative painting - particularly portraits - which she considers as the rich, broad in scope and... most difficult. She exhibits in different salons (CIN de Rouen,Mairie de Rouen,La Grande Mare, Sotteville, Amiens, Grand Quevilly in Normandy, and at La Grande Arche in Paris...) and obtains numerous prizes in painting (2nd Prize of the Salon of Grand Mare in 1990, 1st Prize in 2001, 1st prize in painting of the city of Grand Quevilly in 2001 and the Prize of the Salon of Grand Quevilly in 2003...).

She teaches Art, while continuing to carry on with her personal work in search for the mysteries of the human soul. Her works is permanently on display at the Art Gallery Daniel Amourette in Rouen.

Jane Planson establishes herself as a known artist in the realm of new figurative painting, which explores the depths of humanity - individual humanity, collective humanity. We know that the human figure, from immemorial times and for ages to come, fascinates the spectator's eye and mind, maybe because it acts as a mirror; that questions us about our own existence, feelings, values and beliefs. The other's eye is a questioning about one's self.

Jane Planson explored the feelings and the behavior - joys, doubts, suffering, love and hate - of the humans of our time. She observes the relationships between people who know ; ignore, fear, desire, or run away from each other... between people who come to life, grow up, age , and die... people who dream, work, dance, chatter, or rest - people who live or survive, depending on their birth place, depending on where they are, depending on what time it is. Here or there. Home or away. In Asia, America, or in the Middle East.

Her works are not trying to reach only a few, but are open to all, aiming for universality.

May these images, brushed, stolen, taken, extracted from the depths of the human soul... could bring wisdom to us ! May everyone observe, ponder, meditate, answer to his own answer his own questions, and find his own way.

Christophe Chomant, éditeur.

Espace harmonia mundi, rue des Vergeaux 80 000 Amiens

Jane Planson, un immense besoin de comprendre

Visages inquiets ou rêveurs, silhouettes diaphanes, évanescentes. Apparitions, disparitions, comme des vies qui se figent, se pétrifient dans une éternelle attente. Les peintures de la Rouennaise Jane Planson sortent de l'ordinaire et sont en dehors de toute mode. L'artiste s'interroge par le biais de la toile sur la condition humaine où "tout est toujours, à chaque instant, à reconsidérer, à jauger...".
Images mentales sur toile pour que ne meurent pas les désirs, les intuitions, en les fixant par la peinture. Huile et cire teintée de pigments, estompées à l'essence de térébenthine pour matérialiser la patine ou l'usure du temps, les rêves encore vivants ou l'espoir qui s'étiole.
"Vague à l'âme", ni tristesse ni regret, simple constat lucide d'une femme qui sait observer sans se laisser désabuser et se laisser transcender par son art.


Bruno Ravalard
Le courrier Picard
Avril 2000

Exposition C.I.N
Hôtel de Bourghteroulde
Place de la Pucelle Rouen

(...) Autre figure marquante de cette édition 2002, Jane planson confirme l'espoir né de ses récentes apparitions dans les salons de la région. S'interrogeant sur la réalité énigmatique, évanescente des êtres ,... comme Kundera a pu le faire dans ses romans, ce jeune peintre produit une très forte impression par sa maîtrise de la composition et l'étrange sentiment émanant de ses oeuvres. Entre inquiétude et nostalgie, des visages surgissent de la brume sociale, comme s'ils voulaient nous dire quelque chose d'essentiel et d'irremplaçable. (...)

Luis Porquet -
6 mars 2002
Les Affiches de Normandie.

Exposition 24 peintres pour un été à Rouen, juillet-août 2001
Hall de l'hôtel de ville

Jane Planson, le couple énigmatique

Deux corps, deux visages et deux regards énigmatiques.
Ceux, à peine saisissables, d'un homme et d'une femme, prisonniers du vide suggéré entre eux. Dans Vague à l'âme, la composition qu'elle expose à l'hôtel de ville de Rouen, Jane Planson dépeint l'illusion voire l'impossibilité de la relation à l'autre. "Le rapport à autrui manque singulièrement d'évidence, l'homme et la femme nous échappent toujours. C'est mystérieux, magique et infiniment riche à la fois. C'est cette magie la que je souhaite communiquer. C'est aussi, en conséquence, la solitude relative de l'individu si proche à certains moments et plus étrange qu'un scarabée à d'autres" explique la peintre.

Tableau mélancolique

Sa technique souligne ce manque de lisibilité de la relation à autrui. Jane Planson utilise des pigments mélangés avec une huile de lin et de la cire d'abeille (...)
Vague à l'âme est son tableau le plus mélancolique qui s'inscrit dans une série de tableaux plus violente (...)

[English Version]
Two bodies, two faces, and two enigmatic looks. Those, barely identifiable, of a man and a woman, prisoners of the emptiness suggested by the space between the two. In "Vague à l'âme", the painting exhibited at the Hôtel de Ville de Rouen, Jane Planson depicts the illusion, or maybe the impossibility of a relationship with another. "The perception of the other singularly lacks evidence, the men and the woman always seem to vanish. It is mystehous, magical and infinitely rich at the same time ! It is this magic which I wish to communicate. It is also, consequently, the relative solitude of the individual so close at some moments and stranger than a beetle at other times !" explains the painter.

Her technique underlines this lack of understanding in the relation to the other... "Vague à l'âme" is her most melancholic painting, which is part of a series of more violent works.

Paris Normandie

Art-Confrontations

[...] Pour la rouennaise Jane Planson, artiste en plein essor, la fin des idéologies n'est sans doute qu'un leurre tragique. Si certaines utopies semblent avoir déserté les lieux, le système dominant, lui, demeure parfaitement en place, suscitant l'injustice, la violence et la guerre qu'il prétend chaque jour combattre, écrasant de tout son mépris les plus fragiles de la planète. Au plus proche de ceux qui souffrent et sont, le plus souvent, privés d'avenir et de parole, Jane Planson travaille dans l'urgence, peignant des êtres et des visages à bout portant (Elé, Gaza). Pris dans la tourmente meurtrière, ses personnages nous parlent du plus intime de leur humanité (Rwanda, sept ans après... ; Les volontés du père ; A la frontière iranienne ; Alger ; Castes confuses). L'atmosphère fuligineuse de ces oeuvres très personnelles souligne le peu de poids des hommes dans un monde perverti par la haine et l'argent. Ne versant jamais dans le mélo, cette peinture d'une grande dignité est un acte politique et artistique sans complaisance. Face à la décomposition, que peut le peintre, sinon montrer l'insoutenable. Cela vaut toujours mieux que de traquer l'insignifiant. Voilà le genre d'œuvres qu'on aimerait (aussi) voir au FRAC !

Galerie Art-Confrontations, 45 rue des Bons-Enfants, 76000 Rouen. (juin-juillet 2003)

Luis PORQUET - 02/07/2003

 

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